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Les "Hors la ville" nous jugent

On les nomme les "hors la ville" tout simplement parce qu'ils ne sont pas dans l'enceinte, à l'intérieur de ce "centre du monde". Ils ne sont pas dans l'enceinte mais ils sont ceux qui la voient, la regardent de loin, l'observent avec recul et la décrivent à distance...

 


La Ville leur renvoie ses usés, ses "ras le bol", ses déçus, ses nouveaux départs vers une vie meilleure.

Se mettre au vert, respirer la campagne, retrouver la terre mère nourricière, loin de l'enceinte. Séjourner à la campagne, la vie en petites routes à travers champs ; semer et vivre des récoltes par les saisons... et de son temps...
Parce que là-bas il est question de temps même si cela a l'air futile : il n'y a rien de futile à parler du temps.

A dire :

"Quel drôle de temps !"
J'approuve par des yeux levés vers le ciel.

"Ça n'arrête pas de pleuvoir aujourd'hui."
Idem.

"Ce temps, c'est tout ou rien."
Je réponds : ne m'en parlez pas !

"Ça s'adoucit on dirait... "
Vous croyez ?

"Je préfère froid et sec."
Je réfléchis un peu...

"C'est trop humide."
Je me frotte les bras...

"Ça va faire venir les microbes."
Je deviens parano...

"On n'a plus de saisons."
Je mime le fou.

"On ne sait plus quoi mettre pour se couvrir."
Mes bras en offrande, ma tête fait un oui.

"Avec ce temps, les légumes sont moins bons."
"C'est pas un temps à mettre un pied dehors."
Ça va casser... ça va pas tenir... ça va tomber...

Mais de ce genre de pensées (dites creuses), il y en a "comme vaches qui pissent" ; et nous pouvons remarquer que cette tradition futile de raconter le temps résonne encore dans l'enceinte même de la Ville...
Cette tradition doit perdurer ; mais encore faudrait-il penser comme un peintre... comme un "hors la ville" quoi...